La Bulgarie a rejoint ce jeudi la zone euro, devenant son 21ème membre. Il ne reste désormais que quelques pays de l’Union européenne à ne pas avoir adopté la monnaie unique.
Si le soutien public à l’euro est élevé dans certains des pays restants, notamment en Hongrie, la présence de partis eurosceptiques au sein des coalitions gouvernementales et des Parlements devrait freiner l’expansion de la zone monétaire dans un avenir prévisible.
Voici les pays de l'UE qui n’ont pas encore adopté la monnaie unique:
HONGRIE
Environ 72% des Hongrois soutiennent l’adoption de l’euro, selon une enquête Eurobaromètre réalisée pour la Commission européenne entre octobre et novembre. Il s’agit du niveau de soutien le plus élevé parmi les pays de l’UE qui n’ont pas encore adopté la monnaie unique, malgré l’euroscepticisme du Premier ministre Viktor Orban.
Le chef de l’opposition, Peter Magyar, a déclaré qu’il mettrait le pays sur la voie de l’adoption de l’euro si son parti de centre droit remportait les élections législatives l’an prochain.
La Hongrie affiche toutefois le ratio de dette publique sur produit intérieur brut (PIB) le plus élevé de l’UE hors zone euro. Et les mesures de réduction du déficit public engagées depuis la pandémie de COVID-19 ont été interrompues, sous l’effet de lourdes dépenses préélectorales de Viktor Orban.
Même si elle remplissait tous les critères d’adhésion, la Hongrie ne pourrait pas rejoindre la zone euro sans une large majorité au Parlement. Opposé à une intégration plus poussée avec l’UE, Viktor Orban a inscrit le forint comme monnaie nationale dans la Constitution.
ROUMANIE
Ce pays d’Europe centrale peine à réduire son déficit budgétaire, le plus important de l’UE, ce qui pourrait retarder de plusieurs années la stabilisation de ses finances nécessaire à une adhésion à la zone euro.
Le soutien public à l’euro atteint 59%, selon l’enquête Eurobaromètre.
Mais face à une forte inflation et des mesures d’austérité, le sujet a disparu du débat public.
POLOGNE
En Pologne, où le soutien public à l’euro est de 45%, le ministre des Finances Andrzej Domanski a déclaré que Varsovie ne travaillait pas à l’adoption de la monnaie unique et que la plus grande économie de l’UE hors zone euro était "heureuse de conserver sa propre devise".
Jaroslaw Kaczynski, leader du parti d’opposition Droit et Justice (PiS), a affirmé que quiconque s’efforçait d’introduire l’euro était "un ennemi mortel de la Pologne".
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
Le soutien public à l’euro en République tchèque est de 30%, selon l’enquête Eurobaromètre, et le gouvernement n’a aucun projet pour l’adopter.
Le Premier ministre Andrej Babis, autrefois favorable à l’euro, a depuis orienté son parti vers des positions nationalistes et eurosceptiques.
Il propose désormais d’inscrire la couronne dans la Constitution.
SUÈDE
Seul un petit parti défend ouvertement l’adhésion à la zone euro, tandis que les Démocrates de Suède – deuxième force du Parlement, dont le soutien est crucial pour le gouvernement minoritaire de droite – s’y opposent, rendant tout débat sur la question largement théorique.
La Suède a rejoint l’UE en 1995 mais un référendum en 2003 a rejeté l’adoption de l’euro par 56% contre 42%.
Le soutien public à l’euro est aujourd’hui de 39%, selon Eurobaromètre.
DANEMARK
Le Danemark, membre de l’UE depuis 1973, est le seul pays du bloc à bénéficier d’une clause d’exemption de l’euro, ce qui lui permet de rester en dehors de la zone monétaire même s’il remplit tous les critères d’adhésion.
Le soutien public à l’adoption de l’euro y est de 33%.
(Reportage Simon Johnson, Jan Lopatka, Luiza Ilie, Johan Ahlander, Karol Badohal et Niklas Pollard; rédigé par Gergely Szakacs, version française Elena Smirnova, édité par Blandine Hénault)

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